« Pour ses 50 ans, l'église Saint-Louis de Brest s'est dotée d'un nouveau baptistère. L'oeuvre de cet artiste de renommée internationale qu'est Robert Clévier a été bénie le 17 avril par le nouvel évêque de Quimper et Léon, Mgr J.M. Le Vert. 50 ans auparavant, l'un de ses prédécesseurs avait consacré cette imposante église Saint-Louis qui venait d'être réédifiée. (...) Pour ce faire, l'artiste choisi par la commission diocésaine d'art sacré (...) est venu s'imprégner des lieux : "A gauche, en entrant, une porte claire voie me fait avancer dans la lumière matinale de trois vitres. Le baptistère est annexé au vaisseau, le commencement greffé sur l'arbre. Vu du dessus, on dirait un fruit, ou une graine posée au pied du bâtiment dans l'attente d'une germination." (...) Il a été demandé à l'artiste de respecter l'alliance traditionnelle dans les baptistère : la rencontre du carré et du cercle forme un octogone. Mais laissons Robert Clévier exprimer lui-même ce qui l'a guidé dans son travail : "Le plateau à huit pans, fait de plexiglas transparent, concentre la lumière et la couleur dominante sur ses tranches; c'est un horizon d'eau solide, claire, bleue, sur lequel semble reposer le bassin d'acier dont la paroi intérieure, brossée verticalement, assombrit la lumière des vitres. Je n'ai pas trouvé d'autre moyen de donner une forme à ce qui faisait mon souci, l'Orientation, la nécessité, en l'absence de dispositif complet, d'annoncer la croix, les ténèbres et la résurrection. (...) C'est par une ruse discrète que j'ai fait passer l'idée d'irruption de la durée dans l'ordre géométrique parfait; pour la qualifier, saint Augustin emploie la métaphore de la fermentation. La section supérieure de la cuve est imperceptiblement irrégulière : où sont les terres ravinées, craquelées, où crie le Baptiste ? J'ai scié, soudé et martelé le fond de la cuve jusqu'à obtenir quelque chose du ravin, des cailloux, du passage d'un feu qui reçoive une eau qui l'augmente ». |